Le Mérule des maisons

Mérule fructifiéLa lèpre des maisons

Le ou la mérule, appelée «lèpre des maisons», est un champignon destructeur qui sévit dans les zones humides, notamment dans l’Ouest (la Bretagne et la Normandie) et le Nord de la France.

La Mérule pleureuse ou le Mérule pleureur (Serpula lacrymans, jadis Merulius lacrymans) est une espèce de champignons basidiomycètes de la famille des Serpulaceae. Son nom, lacrymans ou « pleureuse », vient des larmes colorées qu’exsude son mycélium.

Peu visible dans la nature, où il détruit les souches de feuillus comme de conifères, ce champignon lignivore est un redoutable ennemi du bois œuvré et de tous les matériaux contenant de la cellulose (livres, cartonnages, etc.).

Champignon xylophage

Il est à l’origine de la pourriture cubique qui dégrade la cellulose, sans toucher à la lignine.

Le mérule s’attaque aux charpentes et aux boiseries des maisons anciennes, humides et mal aérées, ou des résidences secondaires inoccupées pendant de longs mois et où l’air est confiné. Sa présence dans la maison se trouve renforcée par l’isolation de plus en plus efficace qui se traduit par un moindre renouvellement de l’air, la condensation induite faisant le bonheur du mérule.

Quand les conditions sont réunies, le mérule se développe de façon impressionnante, il peut atteindre presque 10 mètres de long, grandissant dans toutes les directions de 4 mm par jour à 12 cm par semaine lorsque l’atmosphère est confinée.

Dans la nature, ce champignon réduit en poussière les souches et les arbres morts. Les boiseries, en chêne ou en sapin, font pâle figure devant cet ogre !

Ce n’est rien de l’écrire. Ce champignon est un véritable fléau dans la mesure où non seulement il est capable de vouer une habitation à la destruction pure et simple, mais il peut aussi envahir des communes entières par le biais des bâtiments mitoyens. Ainsi, des communes victimes d’inondations peuvent se retrouver, quasiment du jour au lendemain, littéralement infestées. D’autant que ce champignon voyage facilement : l’homme, le vent et les insectes sont des vecteurs qui transportent des milliards de spores, spores qui se logent ensuite dans les plinthes, les planchers, les cloisons et les plafonds des pièces humides.

Illustrations extraites du Guide "Prévention et lutte contre les mérules dans l'habitat".

Le mérule est capable de traverser les plâtres, les pierres calcaires, les agglos… Il se nourrit du bois à l’étage et s’abreuve d’humidité au sous-sol…

Cela dit, dans une maison bien conçue, bien construite, bien entretenue et bien aérée, la mérule n’a aucune chance, sinon il n’y aurait plus une seule habitation debout en Normandie !

Quelle est la réglementation en vigueur ?

Selon la Cour d’Appel de Rennes, la responsabilité d’un agent immobilier est engagée quand il manque à son obligation de conseil en n’informant pas un acquéreur du risque d’infestation par le mérule, « dans une région où ce risque est manifeste ». Le fait qu’il y ait ce champignon constitue immanquablement un vice caché susceptible de faire annuler la vente sur le fondement de l’article 1641 du Code civil.

Cela vous sera d’un piètre secours en cas de découverte tardive d’une infestation.

Reste un seul moyen d’éviter les risques : demander une expertise à un expert. Attention cependant, un état parasitaire n’est valable que pour le jour de l’expertise. Il reste crédible quelques semaines, mais si le certificat date un peu, la méfiance est requise !

Dans certaines régions, le propriétaire de l’immeuble a l’obligation de signaler toute attaque de mérule en mairie ou à la préfecture. Que cela soit obligatoire ou non, cela reste plus que recommandé. S’il parait difficile de vous reprocher la culture de mérule, il serait facile de vous reprocher votre silence car plus vite le problème est traité, moins il est coûteux.

Traitement du mérule

Lutter contre le mérule est possible dès son apparition, à condition de s’en rendre compte, et à condition de confirmer sa nature (on ne réalise jamais de traitement sans avoir réalisé de prélèvement pour analyse en laboratoire entomologiste).

La suppression du mérule passe par un piquetage des endroits infectés (plâtre, enduits, ciments) et une suppression des sources d’humidité (de l’importance de réaliser une expertise).

Une fois le mérule mort, il faut se débarrasser des bois suspects, attaqués par les spores, et les remplacer par des neufs. Il faut aussi reconstruire les murs disloqués, stériliser tous les autres au chalumeau et injecter des produits fongicides.

Aussi, si la maison peut être sauvée, les dégâts peuvent être considérables et le traitement difficile. Cependant pour prévenir l’apparition de ce champignon, friand de cellulose, il faut commencer par éviter de laisser dans des coins humides cartons, bois et livres.

Malheureusement, lorsque toutes ces précautions n’ont pas été prises et que toute la boiserie est attaquée, la seule solution est parfois la démolition, les matériaux devant alors être brûlés afin d’éviter que le mérule ne se déplace plus loin.

Entreprises de traitement du mérule

L’éradication de ce champignon est réglementée et seules des sociétés spécialisées peuvent intervenir. En effet, non seulement faut-il purger le bois dégradé mais aussi sonder sa résistance mécanique. Le choix d’une société de traitement qualifiée permet de bénéficier d’une assurance indispensable.

Vous pouvez choisir…

  • Une entreprise agréée par le centre technique du bois et de l’ameublement (CTBA+) qui offre d’une part une garantie du respect des prescriptions techniques pour le traitement du bois et, d’autre part, l’emploi de produits certifiés par le CTBA dont « l’efficacité et la sûreté ont été contrôlées et conformes aux normes en vigueur ».  Voir le site du CTBA : www.ctba.fr.
  • Ou une entreprise certifiée Qualibat 1532 pour les champignons. Qualibat s’assure de la qualité de l’entreprise en vérifiant son assurance, sa méthode de travail et sa réputation. Voir le site http://www.qualibat.com/Views/EntreprisesRecherche.aspx.

Avant, pendant et après les travaux

Les propriétaires de biens anciens subissant des problèmes d’humidité récurrents sont fortement encouragés à faire réaliser un état parasitaire avant, pendant et après les travaux.

Contactez-nous pour décrire votre désordre.